On, nous, je : quel pronom dans un compte rendu ?
Le choix du pronom n'est pas un détail de style dans un document institutionnel : il détermine qui parle, et donc qui engage.
La règle générale : la troisième personne
Un compte rendu s'écrit au style indirect et à la troisième personne : « M. Martin indique que… », « le comité émet un avis favorable », « l'assemblée décide de… ». Le rédacteur n'est pas un participant : il rapporte. Toute irruption d'un « je » ou d'un « nous » dans le corps du texte brouille cette position et affaiblit le document.
Le cas du « on »
C'est le pronom le plus problématique. « On a décidé de… » ne dit pas qui a décidé, et un procès-verbal dont on ne peut pas identifier l'auteur d'une décision ne remplit pas son office. Le « on » est acceptable lorsqu'il figure dans une citation directe d'un intervenant ; il ne l'est pas dans la rédaction elle-même.
Et le « nous » de l'institution ?
Certaines organisations rédigent leurs comptes rendus internes à la première personne du pluriel : « nous avons examiné… ». C'est possible pour une note de service, jamais pour un procès-verbal soumis à approbation : le document doit pouvoir être lu par un tiers, des années plus tard, sans que le « nous » devienne indéchiffrable.
En résumé
- Corps du texte : troisième personne, style indirect, toujours.
- Attribution nominative dès qu'une position est exprimée ou qu'une décision est prise.
- « On » uniquement à l'intérieur d'une citation.
- « Nous » réservé aux documents internes sans portée juridique.